Refaire une salle de bains : les six lots, et celui qui déborde
Une salle de bains mobilise six corps d'état sur quelques mètres carrés. Le découpage réel, les postes cachés et l'ordre de passage qui décide du coût.
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Vérifié le 24 août 2026
À revérifier avant le 31 octobre 2026
Aucun montant périmé sur cette page
Entrée en vigueur le 01/09/2026, soit 3 jours après la vérification. Le barème par geste (mpr-geste-bareme) devient largement caduc à cette date.
Le service public reconnaît que ses propres informations CEE ne sont plus à jour. Aucun montant CEE ne doit être publié.
La réouverture du guichet Anah dépend de la loi de finances 2026.
Par Francis Lacoustette · 7 septembre 2026 · faits vérifiés le 24 août 2026
Une salle de bains est le chantier le plus dense d'une maison : six métiers sur cinq mètres carrés, dans un ordre qui ne souffre aucune inversion. C'est pour ça qu'elle coûte cher rapportée à la surface, et c'est pour ça qu'elle déborde.
Aucune fourchette de prix n'est publiée ici, faute de source publique, gratuite et datée sur ces métiers. Voir pourquoi.
Les six lots
La dépose. Sanitaires, meubles, faïence, sol, cloisons éventuelles, et l'évacuation qui va avec. C'est un lot à part entière, et il est plus long qu'on ne l'imagine : de la faïence collée sur plâtre emporte le plâtre, et un bac à douche scellé se casse au burin.
La plomberie. Reprise des alimentations et des évacuations, déplacement des points de puisage, pose des appareils. Voir le tarif d'un plombier.
L'électricité. Circuits spécialisés, volumes de sécurité, éclairage, ventilation, sèche-serviettes. Les règles de volumes sont strictes dans une pièce d'eau et elles conditionnent l'emplacement des appareillages.
La ventilation. Extraction, gaine, traversée. Sur une rénovation, c'est le lot qu'on oublie et celui qui produit les moisissures deux ans après.
Le second œuvre humide. Cloisons, doublage, étanchéité sous carrelage, chape ou ragréage.
Les finitions. Carrelage, faïence, peinture des parties non carrelées, plafond, plinthes, joints, seuils.
L'ordre, qui décide de tout
Dépose, puis plomberie et électricité en attente, puis cloisons et étanchéité, puis carrelage et faïence, puis pose des appareils, puis peinture et joints.
Inverser deux étapes coûte cher. Poser le carrelage avant que l'électricien ait tiré ses gaines oblige à saigner un sol neuf. Poser les appareils avant la faïence oblige à découper autour, ce qui se voit. C'est le sujet du guide de Sandrine Piarrou sur l'ordre des corps de métier, écrit par quelqu'un qui a passé neuf ans à repasser derrière.
Les unités
Le mètre carré pour le carrelage au sol, la faïence murale, l'étanchéité, le ragréage.
L'unité pour chaque appareil sanitaire posé et raccordé.
Le mètre linéaire pour les plinthes, les joints périphériques, les listels.
Le forfait pour la dépose complète, l'évacuation, la protection.
Attention à la faïence : la surface se mesure en développé mural, hauteur par longueur, déduction faite des ouvertures. Un devis qui annonce « faïence : 12 m² » sur une pièce de 5 m² au sol n'a rien d'anormal.
Les postes cachés
L'étanchéité sous carrelage. Un système d'étanchéité liquide sous les zones de douche n'est pas une option. Il est parfois absent des devis les moins chers, et il ne se voit pas une fois le carrelage posé.
Le support. Un sol qui n'est pas plan impose un ragréage. Un mur qui n'est pas d'aplomb impose un doublage. Ni l'un ni l'autre ne se voient avant la dépose.
Le receveur extra-plat et la pente d'évacuation. Passer d'une baignoire à une douche à l'italienne suppose une réservation dans le plancher ou une surélévation. Sur un plancher bois ancien, c'est une opération structurelle.
Le plancher bois. Sur les maisons antérieures à 1948, très présentes dans le rayon, un plancher bois sous une salle d'eau demande un renfort et un traitement particulier de l'étanchéité. Le carrelage sur plancher bois travaille.
La porte. Elle ouvre parfois vers l'intérieur sur une pièce devenue trop petite, et son remplacement ou son inversion apparaît en fin de chantier.
La reprise du couloir. Le passage des gravats et du matériel abîme, et la remise en état n'est presque jamais chiffrée.
Ce que le devis doit préciser
La marque et la référence de chaque appareil, pas seulement « douche 90x90 ».
L'origine de la fourniture : par l'entreprise ou par le client. Une fourniture client déplace la responsabilité en cas de défaut.
La nature du système d'étanchéité et sa mise en œuvre.
Le format et la référence du carrelage, le calepinage envisagé, et le pourcentage de chute retenu. Un grand format et une pose en diagonale génèrent plus de chute qu'un format standard en pose droite. Ce pourcentage se discute, il figure rarement sur un devis, et il pèse sur la quantité commandée.
La classe de résistance à l'eau des supports et des plaques utilisées.
La TVA
Les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien sur un logement achevé depuis plus de deux ans relèvent du taux de 10 %. Source : guide des aides financières 2026 de l'Anah, vérifié le 29 août 2026.
Le mobilier et le gros électroménager fournis relèvent du taux normal. Un devis de salle de bains mélange donc les taux, et le récapitulatif doit les ventiler. Voir la TVA sur les travaux.
Les aides
Refaire une salle de bains n'ouvre aucun droit à MaPrimeRénov'. Ce n'est pas un geste de rénovation énergétique.
Deux exceptions liées. Le remplacement d'un chauffe-eau par un chauffe-eau thermodynamique était un geste éligible ; il est sorti du parcours par geste le 1er septembre 2026. Son plafond de dépense éligible était de 3 500 euros. Et l'adaptation d'une salle de bains à la perte d'autonomie relève d'un autre dispositif, MaPrimeAdapt', qui n'est pas traité sur ce site.
Qui intervient
Une salle de bains se fait soit avec une entreprise générale qui coordonne, soit avec quatre à cinq entreprises que quelqu'un doit ordonner. Le second montage est moins cher sur le papier et plus cher en pratique dès qu'un lot décale.
Les entreprises du rayon figurent sur les pages plombier, carreleur, électricien, plaquiste et salle de bain, avec leur distance au centre de la commune consultée et leur SIRET.
L'étanchéité, le poste qu'on ne peut plus vérifier après
C'est le point technique de la pièce, et le seul qui devienne invérifiable une fois le carrelage posé.
Un système d'étanchéité sous carrelage est une membrane, liquide ou en natte, appliquée sur le support avant collage, avec un traitement renforcé des angles, des jonctions sol-mur, des passages de canalisation et du pourtour du receveur. Il se pose sur toute la zone d'aspersion, et pas seulement dans le bac de douche.
Il ne se confond pas avec la plaque hydrofuge, qui est un support résistant à l'humidité mais pas une étanchéité.
Un devis qui écrit « pose faïence et carrelage » sans nommer le système d'étanchéité et sa mise en œuvre laisse ce poste dans le flou. La bonne pratique consiste à demander une photo datée de l'étanchéité posée avant carrelage. Aucune entreprise sérieuse ne le refuse, et cela vaut mieux qu'une discussion trois ans plus tard.
La douche de plain-pied sur plancher bois
C'est la demande la plus fréquente en rénovation, et l'une des plus techniques.
Une douche de plain-pied suppose un receveur extra-plat ou un receveur à carreler, avec une évacuation qui doit descendre sous le niveau du sol fini. Sur une dalle béton, cela veut dire un carottage et une saignée. Sur un plancher bois, cela veut dire passer entre les solives, avec une pente régulière, et sans affaiblir la structure.
Ce n'est pas toujours possible dans le sens voulu. Selon l'orientation des solives et la position de la chute, l'implantation de la douche peut être contrainte par la structure et non par le plan.
C'est une question à poser avant de dessiner la pièce, pas après. Elle relève du plombier et, si la structure est touchée, du charpentier.
La ventilation, qu'on découvre deux ans après
Une salle d'eau produit beaucoup de vapeur. Sans extraction correcte, elle se condense sur les surfaces froides et les moisissures apparaissent dans les angles hauts.
En rénovation, trois configurations. Une extraction existante à conserver et à contrôler, avec mesure du débit. Une extraction à créer, ce qui suppose une gaine et une traversée. Ou aucune extraction possible sans travaux lourds, ce qui arrive dans les pièces aveugles d'appartement ancien.
Le débit ne se devine pas : il se mesure à la mise en service. Une ventilation dont personne n'a mesuré le débit est une ventilation dont personne ne sait si elle fonctionne.
Le sujet est développé dans le guide sur la ventilation.
Le chauffage et le sèche-serviettes
Un sèche-serviettes électrique demande un circuit dédié, avec sa protection au tableau, et il doit respecter les volumes de sécurité de la pièce.
Un sèche-serviettes à eau chaude se raccorde au réseau de chauffage, ce qui suppose des alimentations en attente au bon endroit, décidées avant la fermeture des murs.
Un plancher chauffant électrique sous carrelage se pose sur un support préparé et il est incompatible avec certaines configurations d'étanchéité. C'est un choix qui se fait au moment de la conception, pas au moment de la pose.
Le calendrier réel
Une salle de bains complète immobilise la pièce trois à cinq semaines dans une configuration ordinaire, temps de séchage compris, et davantage si l'un des lots décale.
Les temps incompressibles : le séchage de la chape ou du ragréage avant carrelage, le séchage de l'étanchéité avant collage, le durcissement de la colle avant jointoiement, et le séchage des joints avant mise en eau.
Sur un logement à salle de bains unique, cette durée se prépare : douche de substitution, planning des entreprises, et une marge. Une salle de bains finie dans l'urgence est une salle de bains où l'étanchéité a été carrelée trop tôt.
Les questions à poser
Quel système d'étanchéité, sur quelle surface, et acceptez-vous d'en fournir une photo datée avant carrelage ?
Comment est traitée l'évacuation de la douche, et la structure du plancher a-t-elle été vérifiée ?
Quel est le format du carrelage retenu, quel calepinage, et quel pourcentage de chute ?
Quelle ventilation, et le débit sera-t-il mesuré à la mise en service ?
Quelle préparation du support est prévue, et que se passe-t-il si l'état constaté après dépose diffère ?
Qui fournit les appareils, et qui porte la responsabilité en cas de défaut du produit ?
La reprise du couloir et des zones de passage est-elle comprise ?
Une remarque sur le budget
Une salle de bains est la pièce où la part de main-d'œuvre est la plus élevée du logement, parce que six métiers interviennent sur cinq mètres carrés et que chacun se déplace.
Cela veut dire qu'un choix d'appareil moins cher ne fait pas beaucoup baisser le total, alors qu'une modification d'implantation qui évite de déplacer une évacuation le fait beaucoup. C'est l'inverse de l'intuition courante, et c'est le premier arbitrage à faire quand le budget est serré.
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Chaque repère ouvre l'assistant dans un nouvel onglet, avec une demande déjà écrite : relever les chiffres, leurs sources et leurs dates.
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