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Comparer trois devis qui ne portent pas sur le même travail

L'écart entre deux devis vient rarement du prix unitaire. Il vient du périmètre. Comment le neutraliser avant de comparer quoi que ce soit.

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État du barème

Vérifié le 26 août 2026

À revérifier avant le 31 octobre 2026

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Ce qui peut bouger

Entrée en vigueur le 01/09/2026, soit 3 jours après la vérification. Le barème par geste (mpr-geste-bareme) devient largement caduc à cette date.

Le service public reconnaît que ses propres informations CEE ne sont plus à jour. Aucun montant CEE ne doit être publié.

La réouverture du guichet Anah dépend de la loi de finances 2026.

Par Francis Lacoustette · 7 septembre 2026 · faits vérifiés le 26 août 2026

Trois entreprises visitent, trois entreprises chiffrent, et les trois totaux s'étalent de un à deux. La conclusion habituelle est que l'une est chère et l'autre pas. Dans la plupart des cas que j'ai eus à arbitrer, la conclusion était fausse.

Ce qui crée l'écart

Sur un même chantier, trois causes expliquent l'essentiel des différences, dans cet ordre.

Le périmètre. Un devis inclut la dépose de l'existant, l'autre non. Un devis prévoit la reprise en peinture après passage, l'autre s'arrête au gros œuvre. Un devis chiffre l'évacuation, l'autre laisse les gravats sur place.

La quantité. Deux entreprises ne mesurent pas la même surface, parce qu'elles ne mesurent pas la même chose. L'une compte le mur développé, l'autre la surface au sol. L'écart peut atteindre trente pour cent sans que personne n'ait tort.

La qualité de ce qui est posé. Une menuiserie d'entrée de gamme et une menuiserie à rupture de pont thermique ne coûtent pas pareil, et sur un devis en forfait, rien ne le montre.

Le prix unitaire de main-d'œuvre, lui, varie beaucoup moins qu'on ne le croit entre entreprises d'un même bassin. C'est la dernière chose à regarder, pas la première.

La méthode, en cinq étapes

Un. Écrire le périmètre. Avant toute visite, rédiger un document d'une à trois pages qui décrit, pièce par pièce, ce qu'on veut faire faire. En français courant, sans vocabulaire technique emprunté. Y faire figurer explicitement ce qui est inclus et ce qui ne l'est pas : dépose, évacuation, protection, reprises, finitions, nettoyage.

Deux. Le remettre à toutes les entreprises. Le même document, à tout le monde. C'est ce qui transforme trois estimations en trois offres comparables.

Trois. Exiger le détail par poste. Quantité, unité, prix unitaire, total. Refuser poliment les forfaits globaux sur des ouvrages mesurables.

Quatre. Vérifier les quantités. Prendre un mètre et contrôler deux ou trois postes au hasard. Un linéaire de plinthes, une surface de sol, un nombre de points électriques. Si la quantité annoncée s'écarte nettement de la mesure, demander comment elle a été établie. La réponse est toujours instructive.

Cinq. Reconstruire un total comparable. Ajouter à la main, sur chaque devis, ce que ce devis n'inclut pas et que les autres incluent. C'est fastidieux, et c'est le seul moment où l'on compare vraiment.

Le tableau à trois colonnes

Une méthode simple : une ligne par ouvrage, une colonne par entreprise, et une case vide chaque fois qu'un poste est absent d'un devis.

Les cases vides sont l'information principale. Un devis avec quatre cases vides et un total bas n'est pas moins cher : il est incomplet, et le complément arrivera en cours de chantier sous forme d'avenant, sans mise en concurrence.

Ce qu'un écart de prix veut dire, et ce qu'il ne veut pas dire

Un devis nettement plus bas que les deux autres, à périmètre égal et à quantités vérifiées, signifie l'une de ces trois choses.

L'entreprise a un carnet vide et cherche du travail. C'est fréquent en janvier et en février, et c'est une bonne nouvelle pour le client.

L'entreprise a sous-estimé la difficulté. Elle s'en apercevra sur le chantier, et la fin de chantier sera tendue.

L'entreprise n'a pas la même structure de coûts : pas de salariés, pas de local, recours à la sous-traitance. Ce n'est pas illégitime, mais ça change la capacité à tenir un planning et à intervenir en garantie.

Un devis nettement plus haut signifie en général que l'entreprise ne veut pas du chantier, ou qu'elle a vu quelque chose que les autres n'ont pas vu. Poser la question directement donne souvent une réponse utile.

Le calendrier de la consultation

Une régularité observée sur des années de chiffrage, qui vaut ce que valent les régularités.

Les carnets se remplissent au printemps et se vident en janvier. Une consultation lancée en novembre pour un chantier en février obtient de meilleurs prix et de meilleurs délais qu'une consultation lancée en avril pour un chantier en juin.

Une demande précise passe toujours devant une demande vague. Une entreprise qui reçoit un document de périmètre chiffre ; une entreprise qui reçoit un message de trois lignes répond quand elle a le temps, c'est-à-dire parfois jamais.

Les questions à poser à chaque entreprise

Depuis quand l'entreprise existe et combien de personnes y travaillent. Ces deux informations figurent sur les fiches de ce site, avec le SIRET et le code d'activité.

Qui exécutera : des salariés de l'entreprise ou des sous-traitants. Les deux se pratiquent ; savoir lequel change la réponse à la question suivante.

Qui est l'interlocuteur pendant le chantier, et à quel numéro.

Quelle est la durée de validité du devis, et ce qui se passe si le chantier démarre après.

Comment sont traitées les découvertes en cours de chantier : prix unitaire applicable, poste de réserve, ou avenant négocié.

Ce que ce site n'apporte pas, et ce qu'il apporte

Il n'apporte pas de prix de référence auquel comparer un devis, faute de source publique et datée sur la plupart des métiers. Les raisons sont détaillées dans pourquoi ce site ne publie pas de fourchette.

Il apporte de quoi élargir une consultation. Sur un métier donné, la page de chaque commune liste les entreprises réellement recensées dans un rayon calculé autour du centre de la ville, triées par distance, avec leur SIRET et leur ancienneté. Sur des métiers comme le menuisier ou le géomètre, l'essentiel des entreprises actives n'apparaît sur aucune carte en ligne : consulter trois entreprises trouvées sur une carte revient à consulter un dixième du marché.

Le document de consultation, en pratique

Ce n'est pas un document technique et il n'a pas besoin de l'être. Une à trois pages, en français courant, écrites par le propriétaire.

Le contexte. L'adresse, le type de logement, son année de construction approximative, s'il sera occupé pendant les travaux, et les contraintes d'accès.

Le programme, pièce par pièce. Ce qu'on veut faire faire, en langage ordinaire : « dans la chambre du fond, déposer la moquette, poser un parquet stratifié, repeindre murs et plafond en blanc mat ».

Ce qui est inclus. Dépose, évacuation, protection, reprises, finitions, nettoyage. Le dire explicitement évite que chaque entreprise décide pour elle.

Ce qui n'est pas inclus. Ce que vous faites vous-même, ou ce qui est confié à un autre lot.

Les contraintes de calendrier. Dates impossibles, ordre imposé, échéances.

Ce que vous attendez du devis. Quantités, unités, prix unitaires, marques et références, et le détail par lot.

Ce document remis à trois entreprises transforme trois estimations en trois offres. Il prend une soirée à écrire et il vaut, sur un chantier de rénovation, plus que n'importe quelle négociation.

Le tableau de comparaison

Une feuille, une ligne par ouvrage, une colonne par entreprise.

Pour chaque ligne : la quantité annoncée, l'unité, le prix unitaire, le total. Et une case vide chaque fois qu'un poste est absent d'un devis.

Les cases vides sont l'information principale. Un devis avec cinq cases vides et un total inférieur de quinze pour cent n'est pas moins cher : il est incomplet. Le complément arrivera en avenant, sans mise en concurrence, à un moment où l'entreprise est seule sur le chantier.

En bas du tableau, une ligne « à ajouter » par colonne, où l'on reconstitue à la main ce qui manque. C'est le seul total comparable.

Les écarts de quantité, et ce qu'ils révèlent

Quand trois entreprises annoncent trois quantités différentes pour le même ouvrage, il y a toujours une explication, et elle est instructive.

Une différence de convention de métré : surface développée ou au sol, avec ou sans déduction des ouvertures, surface de rampant ou surface projetée.

Une différence de périmètre : l'une inclut le couloir, l'autre non.

Une erreur, tout simplement. Elles arrivent, y compris chez des gens sérieux, et une entreprise à qui l'on signale un écart de métré le vérifie.

Le pire cas est celui où personne n'a mesuré et où les trois chiffres sont des estimations. C'est reconnaissable : les quantités sont rondes.

Les questions à poser, entreprise par entreprise

Depuis quand l'entreprise existe, et combien de personnes y travaillent. Ces informations figurent sur les fiches de ce site, avec le SIRET, le code d'activité, l'année de création et la tranche d'effectif.

Qui exécutera : des salariés ou des sous-traitants, et lesquels.

Qui sera l'interlocuteur pendant le chantier, et à quel numéro.

Quelle est la charge actuelle de l'entreprise, et à quelle date elle pourrait démarrer.

Comment sont traitées les découvertes en cours de chantier.

Et une question ouverte qui produit souvent la meilleure réponse : qu'est-ce qui vous inquiète sur ce chantier. Une entreprise qui a regardé sait toujours répondre.

Le devis très bas, en détail

Trois explications possibles, et elles ne se valent pas.

Le carnet vide. L'entreprise cherche du travail. C'est fréquent en janvier et en février, et c'est une bonne nouvelle. Elle chiffre serré et elle tiendra, parce qu'elle a le temps.

La sous-estimation. L'entreprise n'a pas vu la difficulté. Elle s'en apercevra sur le chantier, et la fin sera tendue : soit elle absorbe et bâcle, soit elle demande un avenant.

La structure de coûts différente. Pas de salarié, pas de local, recours à la sous-traitance. Ce n'est pas illégitime, et cela change la capacité à tenir un planning et à revenir en garantie.

La façon de trancher : reprendre le tableau et vérifier si le devis bas a les mêmes quantités et les mêmes postes que les autres. Si oui, c'est un vrai prix bas. Si non, c'est un périmètre plus étroit.

Ce qu'il ne faut pas faire

Communiquer à une entreprise le prix d'une autre pour la faire baisser. Cela produit un alignement sur le prix sans alignement sur le périmètre, ce qui est exactement le problème qu'on cherchait à éviter.

Choisir sur le seul total.

Signer le jour de la visite.

Et négocier en dessous du prix de revient d'une entreprise dont on veut qu'elle revienne en garantie dans trois ans.

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Chaque repère ouvre l'assistant dans un nouvel onglet, avec une demande déjà écrite : relever les chiffres, leurs sources et leurs dates.

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