Lire un devis de travaux, ligne par ligne
Les mentions obligatoires, les unités, ce que « fourniture et pose » recouvre, et les six lignes dont l'absence coûte le plus cher.
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Vérifié le 26 août 2026
À revérifier avant le 31 octobre 2026
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Entrée en vigueur le 01/09/2026, soit 3 jours après la vérification. Le barème par geste (mpr-geste-bareme) devient largement caduc à cette date.
Le service public reconnaît que ses propres informations CEE ne sont plus à jour. Aucun montant CEE ne doit être publié.
La réouverture du guichet Anah dépend de la loi de finances 2026.
Par Francis Lacoustette · 7 septembre 2026 · faits vérifiés le 26 août 2026
Un devis engage l'entreprise sur un prix et sur un périmètre. Le prix, tout le monde le regarde. Le périmètre, presque personne.
Les mentions qui doivent y figurer
Un devis destiné à un particulier comporte l'identité complète de l'entreprise, son numéro SIRET, son adresse, son statut juridique, et le cas échéant son numéro de TVA intracommunautaire.
Il comporte la date d'établissement et une durée de validité. Trois mois est courant, un mois se voit aussi sur les postes à forte composante matériaux.
Il comporte le détail des prestations avec, pour chacune, une quantité, une unité, un prix unitaire et un total. Il indique les taux de TVA appliqués et un récapitulatif par taux.
Il mentionne les assurances professionnelles de l'entreprise, notamment la garantie décennale, avec le nom de l'assureur et la couverture géographique.
Il précise les modalités de paiement : acompte, échéancier, solde.
Un devis qui tient sur une ligne et un total n'est pas un devis. C'est une annonce de prix.
Les unités, et ce qu'elles recouvrent
C'est la partie où se logent la plupart des malentendus.
Le mètre carré n'a pas le même sens selon le métier. En peinture, un mur développé n'est pas une surface au sol. En couverture, une surface de rampant dépasse la surface au sol de huit pour cent environ sur une pente à quarante pour cent. En isolation de combles, on traite la surface au plancher des combles, qui n'est pas la surface habitable.
Le mètre linéaire sert aux plinthes, aux gouttières, aux rives, aux joints, aux cueillies. Une quantité en mètres linéaires se vérifie avec un mètre ruban, et c'est le contrôle le plus simple à faire soi-même.
Le point sert en électricité : un point est une prise, un interrupteur, un point lumineux. Un devis en points ne dit rien de la longueur de câble ni de la difficulté de passage.
L'unité sert aux menuiseries, aux appareils sanitaires, aux radiateurs. Un devis à l'unité doit préciser la dimension, sinon il ne veut rien dire.
Le forfait est légitime sur l'installation de chantier, la protection, le nettoyage de fin. Il devient suspect sur un ouvrage mesurable.
La journée ou l'heure servent aux interventions de dépannage et aux travaux non quantifiables à l'avance. Un tarif horaire doit préciser s'il s'agit d'un compagnon seul ou d'une équipe, et si le temps de déplacement est compté.
Fourniture et pose, ou fourniture seule
Un devis doit dire lequel des deux il chiffre, et si possible séparer les deux.
La séparation a un intérêt direct : elle permet de comparer le prix de la fourniture avec le prix catalogue, et de voir la marge appliquée sur le matériel. Elle permet aussi de discuter d'une fourniture par le client, ce qui est possible mais qui déplace la responsabilité en cas de défaut du produit.
Attention à un point : une entreprise qui pose un matériel fourni par le client ne garantit que sa pose. Sur un ouvrage couvert par la décennale, cette distinction devient importante le jour où quelque chose ne va pas.
Les six lignes dont l'absence coûte le plus cher
Dans l'ordre où je les ai vues manquer, sur des centaines de devis.
La dépose de l'existant. Déposer une salle de bains, une cuisine, une couverture, un revêtement de sol collé, ce n'est pas gratuit et ça prend souvent plus de temps que la pose du neuf.
L'évacuation des gravats. Benne, rotation de benne, taxe de traitement. Sur un chantier de démolition intérieure, c'est un poste à part entière.
La protection. Bâchage, film sur les sols, protection des menuiseries, confinement en cas de poussière. Une entreprise qui ne protège pas fait une économie que le client paie en nettoyage.
L'échafaudage. Montage, location à la semaine, démontage. Sur un chantier extérieur qui dure, la durée de location est un chiffre à lire.
Le déplacement. Une entreprise située à quarante kilomètres du chantier compte deux trajets par jour et par compagnon. Sur trois semaines, ce n'est pas neutre. Certaines l'intègrent dans le prix unitaire, d'autres le facturent à part. Les deux se défendent ; ce qui ne se défend pas, c'est de ne pas le dire.
La reprise après passage. Rebouchage des saignées, reprise d'enduit, remise en peinture, repose des plinthes. C'est le poste qui explose le plus souvent, et le sujet du guide sur les postes que les devis oublient.
L'acompte
Un acompte est normal. Il finance l'approvisionnement et il engage le client.
Un acompte supérieur à trente pour cent du montant du devis mérite une explication écrite. Sur un chantier à forte composante de matériel commandé sur mesure, une cuisine ou des menuiseries par exemple, un acompte plus élevé se justifie et se documente par le bon de commande du fournisseur.
Ce qui ne se justifie pas, c'est un acompte élevé sur un chantier de main-d'œuvre.
Ce que le devis ne dit jamais
La date de démarrage réelle. Un devis mentionne parfois un délai d'exécution, rarement une date. Elle se demande par écrit, et elle se confirme quinze jours avant.
L'ordre de passage des corps d'état sur un chantier à plusieurs entreprises. Personne ne le tient si personne ne s'en occupe. C'est le sujet du guide de Sandrine Piarrou sur l'ordre des corps de métier.
Ce qui se passe si l'existant révèle une mauvaise surprise. Un bon devis prévoit un mode de traitement : prix unitaire applicable aux quantités constatées, ou poste de réserve chiffré.
Le réflexe le plus rentable
Écrire soi-même, avant de consulter, ce qu'on veut faire faire. Pièce par pièce, ouvrage par ouvrage, en langage courant. Puis demander aux entreprises de chiffrer ce document.
Trois devis établis sur le même document se comparent. Trois devis établis sur trois visites et trois interprétations ne se comparent pas, et c'est pourtant la situation normale. Voir comparer trois devis.
Les quantités, et comment les contrôler
C'est le contrôle le plus rentable et le seul qui ne demande aucune connaissance du métier.
Prenez un mètre et vérifiez deux ou trois postes au hasard : un linéaire de plinthes, une surface de sol, un nombre de points électriques, un nombre d'appareils sanitaires. Si l'écart avec la quantité annoncée dépasse dix pour cent, demandez comment elle a été établie.
La réponse tient presque toujours à une convention de métré : déduit-on les ouvertures, compte-t-on les retours de tableau, mesure-t-on une surface de rampant ou une surface au sol, un volume en place ou foisonné. Ces conventions sont légitimes, elles varient, et elles doivent être dites.
La liste des conventions par métier figure dans le guide sur le calcul de ses quantités.
Les clauses qui comptent, et qu'on ne lit pas
La durée de validité. Sur un poste à forte composante matériaux, un mois est normal. Passé ce délai, l'entreprise n'est plus tenue par son prix.
La clause de révision. Sur un chantier qui démarre longtemps après la signature, elle doit dire sur quel indice elle s'appuie et comment elle se calcule. « Prix révisable » sans autre précision n'est pas une clause.
Les conditions de règlement. Acompte, situations intermédiaires, solde. Et le délai de paiement.
La retenue de garantie. Son montant et ses conditions de restitution, à écrire au contrat et pas à décider le jour de la réception.
Les pénalités de retard. Leur existence, leur montant, et à partir de quelle date elles courent.
Le traitement des travaux supplémentaires. Un avenant signé avant exécution, ou un prix unitaire applicable aux quantités constatées.
Les assurances. Nom de l'assureur, numéro de police, activités couvertes, période de validité.
Le devis d'une entreprise générale
Sur un marché confié à une seule entreprise pour l'ensemble du chantier, la tentation du forfait global est forte.
Un forfait global ne permet ni de comparer, ni de vérifier une quantité, ni d'isoler la part éligible à une aide, ni de retirer un lot en cours de projet.
Ce qu'il faut demander : un découpage par lot, avec pour chacun une quantité, une unité et un prix. L'entreprise conserve son forfait global si elle y tient, mais elle doit pouvoir le décomposer.
Et une question annexe : quels lots sont sous-traités, et à qui. La réponse renseigne sur qui interviendra réellement et sur la capacité de l'entreprise à tenir un planning.
Le devis d'un dépannage
Un dépannage échappe à la logique du devis parce qu'il se décide au téléphone.
Ce qui protège : faire annoncer avant l'intervention le montant du déplacement, le tarif horaire ou le forfait, les majorations applicables, et le seuil à partir duquel un devis écrit est établi. Puis noter ces montants.
Et exiger une facture détaillée, quelle que soit l'heure. Sans elle, aucune contestation n'est possible et aucun remboursement d'assurance non plus.
Ce que le devis dit de l'entreprise
Un devis se lit aussi comme un document sur celui qui l'a écrit.
Un devis daté, numéroté, détaillé, avec les mentions légales complètes et les assurances indiquées, vient d'une entreprise organisée.
Un devis sans quantité, sans unité, sans durée de validité et sans mention d'assurance vient d'une entreprise qui n'a pas ces habitudes, ce qui se retrouvera sur le chantier.
Ce n'est pas un jugement de valeur sur la qualité du travail. C'est une information sur la façon dont les choses vont se passer quand il y aura une difficulté, et il y en a toujours une.
La signature
Un devis signé vaut contrat. Ce qui n'y est pas écrit n'y est pas.
Avant de signer, trois relectures utiles : la liste de ce qui est exclu, les délais, et le mode de traitement des découvertes en cours de chantier.
Et une précaution : conserver le devis signé, les échanges écrits, et les photos du chantier avant travaux. Sur un litige, ce sont ces trois éléments qui font la différence, et ils ne coûtent rien à constituer.
Dépouiller ce guide avec un assistant
Chaque repère ouvre l'assistant dans un nouvel onglet, avec une demande déjà écrite : relever les chiffres, leurs sources et leurs dates.
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